dimanche 26 août 2018
Chapitre 698 - Blue Velvet
Elle se mit à côté de lui et sans un mot, elle commença du bout de ses doigts à toucher son visage encore mouillé de la douche qu'il venait de prendre. Lui comme étonné pris ses doigts dans sa main et lui demanda quel drame engendrait en elle cette nécessité de faire ça. Il n'avait pas l'habitude qu'on le touche, qu'on lui caresse tendrement ce visage qui le répugnait parfois de colère et de haine.
" Je les vois.. Je les vois" répéta-t-elle les yeux remplis de larmes, avant de prendre son visage à deux mains, comme un creuset. Elle se fit comme admirative de quelque chose que lui ne voyait pas et ne comprenait surtout pas, la situation avait changé, elle était oppressante pour lui, et tout son être cherchait un moyen de fuir ce qu'elle faisait, il était déstabilisé dans tout ce qu'il était, ses actes résonnaient en lui de manière trop brutale.
Lui qui avait juré de mettre des distances avec les sentiments, lui dont l'obsession pour les émotions le rendait addict au point que des évènements de sa vie avaient emporté avec eux une part de lui qui plus jamais ne permettrait au puzzle de son existence d'être complet. Lui qui s'était promis de ne pas goûté une fois de trop à la folie des passions, se retrouvait alors là, face à cette femme qui n'était plus qu'à cet instant une bombe à retardement qui allait faire jaillir son coeur hors de sa poitrine pour bondir embrasser ses sentiments. La pression était intenable pour lui.
"Elles sont si belles.. Si grandes, leur tailles est proportionnelle au sacrifice que tu as fais. Ce que tu as abandonné pour permettre ce qu'il fallait faire. Elles sont.. Elles sont la marque de ta personne."
Elle n'avait pas cessé de pleurer bien au contraire, une pluie s'était installée sur le haut de son visage, ses yeux étaient alors comme deux saphirs rutilants comme bercées par le tumulte d'une vague passionnelle qui noyait plus qu'elle ne pourrait porté, elle avait des joyaux à la place des yeux qui étaient mis en lumière par un flot de sentiment qu'elle ne pouvait cesser. Il comprenait alors, il savait de quoi elle parlait.. Il se mit à reculer, tombant à la renverse, se relevant aussi rapidement, fuyant ses mains, son regard, son toucher. Il se sentait comme non méritant, il le refusait, il se l'interdisait, il n'avait pas encore une fois à subir ça. Malgré chaque pas de recul, un de ceux-là fut de trop, il dû finir dos au mur sans possibilité de prendre davantage de distance avec cette femme, qui maintenant lui tendait le bras en s'approchant de lui, comme admirative mais émotionnellement blessée.
C'est cette douleur là qui la faisait pleurer à ne plus pouvoir cesser, c'est encore cette douleur qui la rendait folle de désir à l'idée de pouvoir le toucher encore une fois, pour le saisir comme l'on saisissait un cristal poli par la finesse d'un joaillier remplie d'une ardeur envoûtante pour son travail.
Elle finie une nouvelle fois par attendre son visage le caressant encore, au premier touché elle fit un sanglot, quand sa deuxième main toucha sa joue, elle finie par éclaté comme un verre au sol, avec bruit et fracas, elle gémissa, cria, les cordes de sa voix étaient emplies d'une infinie tristesse comme si catalyseur, miroir d'une âme elle pleurait pour celle qui ne le pouvait plus.
" Tu as tant souffert... N'aie pas honte de ce qu'elles sont, elles te vont si bien, elles te rendent si beau, si humain. Ce sont tes forces, pas tes faiblesses."
Lui faisait face à une réalité qu'il s'était interdit de penser.
"Elles sont si belles sur toi, elles te vont si bien ces cica.."
Sa phrase à peine finie qu'il la coupa d'une main sur sa bouche, lui allongé au sol, les jambes écartés, le dos contre le mur, elle au-dessus le chevauchant de la vision son front contre le sien, les yeux grands ouverts elle pu apercevoir alors les quelques larmes se dessinant sur son visage;
"C'est bon, ça ira n'en dis pas plus, ne dis pas ce mot."
S'en suivi un dernier silence entre eux deux, qui finit par sceller leur deux coeurs l'un à l'autre, il était tombé fou amoureux d'elle à l'instant où elle se mis à pleurer pour lui à l'idée des douleurs qu'il avait pu ressentir, quand bien même il aurait pu avoir dans sa vie une femme plus belle, ou avec des atouts physiques plus que satisfaisant, il n'en aurait pas chercher la teneur ni même l'intérêt car il le savait dès cet instant, jamais il ne pourra aimer plus fort qu'avec elle. Il apprit alors ce jour là, à s'aimer aux travers des yeux de celle qu'il venait juste d'apprendre à aimer.
jeudi 2 août 2018
Chapitre 697 - Bonne nuit
Il s'asseya sur le bord du tronc d'arbre, le plus éloigné du feu qui crépitait, à la fois visible par son visage et le haut de son corps tandis que le reste plongé dans l'obscurité de la douce nuit d'été qui nous accompagnait laisser deviner des ombres par les petits éclatements du feu qui laissait entrevoir le contour de ses épaules.
Il se gratta le crâne de sa main comme d'un air chercheur, de ceux qui creusent les idées, un soupir laissant s'échapper de sa bouche en plein milieu de cette forêt nocturne, il avança une de ses jambes près de la lumière du feu de camp, appuyant sa main sur son genou tandis que l'autre main avait, elle, déjà repris la canne qui l'avait amené jusqu'ici s'appuyant désormais aussi sur celle-ci. Il plongea son regard paternel en direction du petit feu qui dorénavant ronronnait.
"Tu sais petit, tes souvenirs se détériorions avec le temps, ils partiront sans que tu ne les ai remarqués, d'autres à l'inverse resurgiront bien des années plus tard pour une sensation, une odeur que tu croyais avoir oublié. Les meilleurs comme les plus mauvais, seront traités de manière égale. Le plus radieux des souvenirs ne brillera plus, le plus sombre ne t'empêchera plus de voir la lumière du lendemain. Ce sont de petites choses, des détails qui font toute la saveur de tes journées quelquefois. Ils partiront de la même façon qu'ils ont pu avoir pour s'installer dans ton quotidien, avec fracas ou douceur. Certains claqueront fort la porte, d'autres ne donneront même pas l'impression de l'avoir ne serait-ce qu'entre-ouverte. Il faut savoir prendre soin de ces instants, ces moments qui ont pour t'apporter de la joie ou te donner des leçons que tu ne souhaites pas encore apprendre aujourd'hui. C'est eux qui te permettront de tenir le choc dans les moments difficiles, de te rappeler ton chemin parcouru, la saveur de tes buts, de tes idéaux. Ils te remémorons la raison pour laquelle tu as entrepris ce voyage, ce que tu y as gagné et ce que tu as laissé pour parvenir à gravir les pentes rugueuses. Ils te rappelleront ce que tu as fais, et ce que tu n'as pas pu faire. Dans les moments d'incertitudes qui combleront ta vie, ils seront présents pour te rappeler qui tu aspires à être quand, la tête dans le brouillard et remplis de peur tu oublieras. Ils te rappelleront la force avec laquelle tu as des convictions et les rêves que tu y accroches."
Il marque alors une longue pause, suffisamment pour lui prendre le temps de se relever d'un air assagi, la détermination avec laquelle ses mots avaient pu apparaître laisse place à la douceur d'un vieil homme reconnaissant envers la vie. Se levant du tronc d'arbre alors couché sur le côté du feu, avançant dans ma direction il pose alors sa main sur mon épaule en faisant face à la route qui timide reste dans l'ombre du feu;
"C'est pour ça, c'est pour tout ça que tu dois y faire attention, tu ne pourras pas tous les entretenir et les garder intacts, seul quelques-uns auront cette chance et ça ne sera pas toi non plus qui décidera lesquels tu garderas de ceux que tu oublieras. Cherche y un sens et entretiens la sensation et le message qu'ils gardent en eux, parce que c'est une partie de toi qui a existé et qui résonne en toi même si dorénavant elle n'a plus sa place, elle te rappelle qui tu as été à un instant de ta vie. A l'image de ce feu que tu vas éteindre, l'important ne réside pas dans le fait qu'il brûle, mais qu'il a brûlé, il a existé. Il ne s'agit pas de vivre, il s'agit d'exister dans tout ce qu'il est possible que tu ressentes. Prend soin de tes souvenirs, viendra un jour où seul eux te rappelleront qui tu es et pourquoi tu fais tout ça. Rentrons maintenant."
Le feu n'avait pas eu besoin de moi pour s'éteindre, il fit son dernier ronronnement avant de s'endormir dans les draps de la nuit et de se résoudre à laisser la nuit être.
vendredi 8 juin 2018
Chapitre 696 - Il y a des instants qui contiennent des vies entières.
"L'important c'est pas d'être le plus gros connard, c'est d'être le plus performant."
Eté 98', on est sous deux parasols "lipton" jaunes dégarnis le soleil tape comme une salope à qui on aurait brisé le coeur alors qu'elle nous poignarde depuis le début.. Tsss.. pétasse de chaleur. Mon verre est quasi vide et se remplie de l'eau des glaçons, je souffle d'exaspération c'est dégueulasse. Mon ami de toujours lui, sur le transat à moitié troué a la belle vie, du moins il croit l'avoir, dégaine d'un goldboy des années 80' il s'étend et se relaxe comme si il était sous les cocotiers de n'importe quel foutu endroit du globe où l'on rêve de se retrouver un matin avec une femme qu'on ne mérite même pas d'imaginer dans nos plus grands rêves.
J'apprécie ce type, son franc parler, sa manière nonchalante d'aimer la vie, même quand elle le baise, surtout quand elle le baise à vrai dire. Je m'amuse à faire taper les glaçons entre eux dans mon verre. On se croirait dans une villa mais on fait juste dos à l'appartement dans lequel on est, le nord de la France n'est pas le paysage d'Honolulu, mais on s'adapte à ce genre de connerie.
Je repose mon verre et tente de me lever pour aller me chercher une autre bouteille fraîche; il s'étire :
" Tu te rappelles petit quand on rêvait de braquer le monde ?"
" C'est toujours d'actualité" lui ai-je répondu avec un sourire qui lui fit souffler du nez, il remonte ses lunettes et les yeux frappés par le soleil nordique français avec une esquisse bien provocante dont seul lui a le secret;
"T'es mal partie."
Je tourne le dos à notre contexte de vacancier chômeur, direction le frigo la bouteille d'eau n'attend que moi tout en lui répondant;
"Les grandes histoires ont des débuts médiocres."
"Tu parles toujours pour rien."
"Ca fait partie de mon charme."
"Non t'es dégueulasse."
Je marque une pause, front levé au ciel, main sur le menton façon penseur je ricane et le pointe du doigt;
"C'est juste un détail ça, mais un point pour toi."
Aujourd'hui je regrette de ne plus avoir à partager ce genre de chose avec quelqu'un, simplement parce que je ne suis peut être pas quelqu'un de suffisamment accompli, mais c'est pour ce genre de souvenir que je fais tout ça, que j'en sacrifie des tonnes, qui représentent pas beaucoup pour énormément de gens, mais c'est pour moi, mon monde que je fractionne petit à petit pour dessiner les contours d'un endroit dans lequel j'aimerai m'épanouir. Les contours sont si fin que j'en ai acquis la certitude que ce monde ne peut contenir qu'une seule personne.
PS: Merci pour vos mails touchant, c'est un plaisir bien particulier que de savoir que certains ont l'étrange goût d'aimer lire ce que j'écris au petit matin.
jeudi 7 juin 2018
Chapitre 695 - Je crois que je déraille
Je pense à tord que l'on devrait tout dire, je fais très souvent machine arrière sur cet instant, comme un soldat qui pose le pied sur une mine en sachant l'entrave dans laquelle il se met par manque de prudence. On peut tout dire mais pas à tout le monde, tout le monde n'est pas suffisamment bon pour entendre ce qu'il y a, a dire. C'est terrible de devoir attendre que les personnes qui vous entoure, vous connaissent un minimum pour pouvoir vous ouvrir. Leur faire comprendre que ce que vous faites est incroyablement rare. Pardon ma chérie, mes phrases divaguent et se font renverser par une mer de doute, et rien n'a vraiment de sens pas vrai... Ce que je veux t'écrire, c'est tout d'abord que c'est la peur du manque de reconnaissance envers ce qu'ils font qui poussent les gens à ne pas s'ouvrir. Savoir que des paroles que l'on ne dit jamais ne vont pas résonner aux oreilles de quelqu'un comme quelque chose de rare selon ce que l'on est ne nous donne pas envie de parler. Regarde-moi par exemple, je hais parler de moi, pourtant penses-tu que quelqu'un m'écoute quand je fais l'effort de parler de moi sous prétexte qu'on me pose une question personnelle ? Le soucis c'est qu'on apprend aujourd'hui à rater l'essentiel. C'est une culture sociale, tout un art, de ne plus écouter celui qui nous parle, de ne pas faire attention à ce qui est, de simplement attendre son tour pour parler. À quoi ça sert de parler si personne n'écoute ?
Je pense à raison que l'on devrait choisir les moments où dire quelque chose de personnelle mais trop peu personnel pour qu'il soit distinctement souligné et suffisamment pour être entendu. C'est tristement beau, mais c'est l'absence de phrase qui crée l'importance. Ne pas dire à quelqu'un de cher qu'il nous est cher pendant une période suffisamment longue rend alors la prochaine déclaration beaucoup plus importante. On est plus sensible à l'absence qui provoque le manque, qu'à la présence qui donne la satisfaction. Autrement dit pour rendre la véritable valeur sur le moment que l'on aurait de s'ouvrir à une personne, serait de lui avoir fait comprendre depuis notre connaissance que nous sommes tout l'inverse de ce que l'on s'apprête à faire.
Les opposés attirent. Tout paraît si simple quand cela se fait tandis que les explications paraissent si ardues. C'est si beau cette illusion de facilité, cette flaque d'eau qui soudainement nous noie dans les profondeurs des plus grands tombeaux des navires.
J'ai fais le choix de ne plus rien dire et de faire semblant de m'ouvrir, parce qu'au fond j'ai peur de ne pas être pris au sérieux dans ce que je suis réellement, davantage encore qu'on ne comprenne pas l'importance que j'attache à ce que je déclare, les nuits de folies m'ont parues si longues que j'en refuse l'anarchie environnante. Tout me rassure quand je fais semblant, je sais intimement que je ne suis pas le seul à faire ça, car il a suffit d'une grande déception de la part d'autrui pour ne plus en vouloir.
Les gens tout comme nos sentiments sont temporaires, et tu sais mon ange, j'essaie de me dire la même chose à propos de mes peurs, est-ce que j'ai peur de ne pas être assez bien pour les autres parce que j'ai cessé de croire que j'étais bon pour moi-même ? Il y a des jours où je me donne raison, et des soirs comme celui-ci où je me donne tord. Je suis torturé, on l'est tous, à différent degré.
dimanche 3 juin 2018
Chapitre 694 - Blood
vendredi 1 juin 2018
Chapitre 693 - Celui qui connaît l'histoire
Il n'était pas le plus intelligent de tous, cependant il était malin. Il avait vite compris la nature humaine à force de voir des gens qui lui ressemblait. Il accumulait suffisamment d'expérience pour savoir ce qu'il en était de paroles et des actes des personnes qu'il pouvait croiser au cours de sa vie. Ainsi il fit une liste des choses qui lui paraissaient dangereuses, d'abord les promesses ensuite les émotions et finalement le passé. Il savait qu'il n'avait rien à tirer du passé, que celui-ci n'était qu'un avertissement pour que les autres instants ne se répètent pas. Pour les émotions il parvenait non sans mal à comprendre qu'elles n'avaient parfois pas d'autre sens que de faire souffrir. Le plus dur restait pour lui les promesses des gens qui étaient liées à leur nature, et donc à la sienne. Il se savait des leur et c'est pour ça qu'il ne pouvait pas se supporter, il se détestait d'être d'eux.
Il régla donc le plus gros problème de sa vie d'une manière simple, les gens peu importe qui ils étaient dans sa vie partaient toujours, c'était sans doute le trait le plus détestable qu'il pu connaître à ce jour d'eux, ils partent et partiront. Ils partiront toujours. Il en eu marre un beau matin ce gosse malin, il les a tout bonnement empêcher de s'installer, en faisant ça ils ne pouvaient pas venir pour repartir. Il les prenaient à sens unique et ne cherchait pas à en retirer autre chose, il refusait tout stop, toute pause au milieu de ça, un flux continu qui ne devait jamais s'arrêter sous prétexte de les voir partir encore et encore avec toujours la même idée qui devait rester fidèle que chaque personnes étant différentes ne se valaient pas. A force de cicatrice il connaissait la véritable règle : ce ne sont pas les mêmes personnes mais c'est le même genre de personne.
De malin il était devenu intelligent, si il ne pouvait pas empêcher les gens de partir, il les empêcherait alors de venir. Il vécu en se protégeant de la meilleure manière qui soit sans jamais être atteint par les personnes qu'il voyait, et dû accepter le revers de lame, de ne jamais atteindre qui que ce soit. Il vécu en se tenant à distance d'autrui désignant ainsi ses cicatrices comme son emblème, car celui qui connait l'histoire, ne la répète pas.
mardi 15 mai 2018
Chapitre 692 - L'être et le paraître
Inspiration par inspiration, petit à petit mes cellules se meurent dans le silence du cycle de la vie, je n'ai pas vu le quart de ce que le monde pouvait m'offrir, je n'ai pas pu entendre les milliard de voix parmi lesquelles se trouve peut être celle qui m'enivrait, tout les visages du monde sur lesquels peut être tu caches le plus beau sourire que je ne pourrai contempler. Je n'ai pas su me contenter de ce que j'ai fais mais plutôt de tout ce que je n'ai pas pu faire, de toutes ces occasions manquées. J'aurai dû, j'aurai dû tu sais, ne pas me laisser le choix, ne pas accepter de compromis sur les nouvelles expériences aussi inconnues soit-elles pour moi. Je n'ai pas su apprendre à briller par moi-même pour être un de ces êtres de lumières à qui tout réussi, je n'ai pas pu réussir à m'élever dans l'obscurité et ainsi trouver mon réconfort dans ma propre existence. J'aurai pu être ce que je voulais, voyageur, romancier, acteur ou encore ingénieur oeuvrant pour un monde meilleur, je n'ai pas pu améliorer le miens. Je n'ai pas su faire en sorte que mon monde devienne appréciable pour la première personne qui y vivait. Je me suis dégoûté chaque jour de mon existence, mon corps, mon âme si sombre parfois, si terrifiante.. J'estime avoir été plus proche du monstres dans certaines de mes actions que d'avoir la vanité de croire que j'arpentais le visage d'un humain. J'ai laissé mes sentiments me détruire, pire encore j'ai laissé mes sentiments détruire les gens que j'aimais, j'étais trop faible pour supporter les émotions si violentes et perfectibles que nous côtoyons sans cesse, je n'ai pas su cessé de m'émerveiller de la moindre chose, rester assis sur mes idées que j'utilisais alors plutôt comme un tremplin sur des hypothèses pour voir un monde plus beau, plus grand. Je n'ai pas su calmer la tempête de vie qui errait dans mon corps, je me suis résolu à ne pas savoir dompter mes émotions si vives qui me donnent ce semblant d'existence si cher, comme si je rimais à quelque chose, comme si je pouvais être le dernier mot d'une grande phrase dont on se souviendrait bien plus tard.
Je cherchais ce que je n'étais pas, en vérité, je cherchais tout ce qui était l'inverse de moi, tout ce qui pouvait me permettre de fuir ce que j'étais et qui n'était pas plaisant. Je n'étais pas de ceux à qui l'on pouvait faire confiance, j'échouais malgré les efforts et j'évitais la présence des autres me rappelant que ma place n'était pas auprès d'eux, de maintes fois j'ai voulu m'imposer de cesser de croire que c'était à moi de décider ce que je méritais, mais si moi-même je ne le fais pas qui le fera pour moi ? Qui mon amour me fera un baiser matinal en me caressant le visage pour me dire que tout ira bien, qui aurait eu le courage de me mentir un instant pour me faire aller mieux à cet instant ? J'aurai aimé, j'aurai foutrement aimé qu'on me dépose une couverture sur mes épaules quand je m'endormais pendant que je t'imaginais, que j'essayais de savoir à quoi correspondait la partie manquante de ma vie, celle qui comme un puzzle lui donne toute son ampleur, toute sa grandeur. C'est de ça que je manquais, de la grandeur. J'aspirai à m'élever sans aile, j'étais l'oiseau cloué au sol en attendant son aile et je ne t'ai jamais vu.. Peut-être aurais-je dû, peut-être aurais-je dû arpenter le sol tout en regardant le ciel ici et là avec l'idée belliqueuse que tu y serai un moment où un autre. J'aurai peut être dû te chercher davantage, là où je n'ai pas osé. Je n'ai pas su courageusement prendre mes sentiments comme une arme, revêtir mon coeur de toute cette émotion pour te chercher à travers les forêts, les océans, les villes et les bars de ce monde.
Voilà que j'achève ma vie sans savoir si un jour t'aies-je au moins une fois croisé? Dans un arrêt de métro ? Après une bousculade dans des escaliers, entre deux regards dans une bibliothèque ou peut-être au restaurant en entendant ton rire se joindre au mieux au moment opportun. J'ai peut être à l'inverse tellement chercher que j'en ai oublié de trouver. Pas un moment de ma vie je n'ai cessé de me demander ce que tu pouvais bien faire à l'instant précis où je pensais à toi, peut être sur un banc à boire ton café en lisant un livre, être au cinéma ou travailler avec acharnement, gémir dans les bras d'un autre. Je suis inconsolable de ne pas t'avoir trouvé, parce que je n'ai pas réussi à me saisir de toute mon identité, de tout mon monde que tu détiens, parce qu'en vérité c'est bien de ça que l'on parle. Si mon monde ne peut pas être le miens sans un détail, c'est que c'est ce détail qui est mon monde, et c'est ce que tu étais, la dernière note de musique qui résonne dans la salle, le dernier coup de pinceau sur une toile, le dernier rire que j'eu envie d'entendre. Je t'ai cherché dans tout les livres du monde, les paroles de chansons, les séries, les films, la vie, les parcs, les voitures, les Uber, les terminaux d'aéroport, les salles de bibliothèques, les Mcdonald's fermer à trois heures du matin, les boulangeries du dimanche, les brunch de l'après-midi, les bars au petit matin.. J'ai pu te sentir parfois, être là, avoir toi aussi visité cet endroit mais toutes les chansons de mon Ipod ne m'approchaient en rien de toi.
Je suis désolé, malgré tout ces rires qu'on m'a prodigué, parmi tout ces moments joyeux, ces jouissances intimes, ces pensées sordides, je n'ai pu.. Je n'ai pas su vivre sans toi, il m'aurait fallu quelques vies de recherches de plus, et des centaine d'autres d'acceptation pour me résoudre à accepter une vie sans toi. Je n'aurai jamais eu le courage dans ma vie, ni même la force de mettre le coup de pelle final pour enterrer toutes les espérances que j'avais d'un jour connaître ton visage, ça aurait été ma plus grande fierté dans cette vie. Je n'ai pas su te trouver pour apprendre à vivre à tes côtés, je ne te trouverai pas pour apprendre à mourir et pourtant ça n'empêche pas le fait qu'aujourd'hui oui, je commence à mourir, je me meurs. Je ne pourrais pas m'empêcher de penser à toi, toi qui m'aurait connu mieux que quiconque, m'aurait arpenter dans ma profondeur et ma plus grande violence, oh si tu savais à quel point j'aurai aimé un être qui puisse me contenir dans mes distances et mes excès, qui puisse panser mes plaies et qu'au-delà de toute cette noirceur ai envie de m'aimer. C'est toi que j'avais désigné profondément dans ma chair pour m'aimer et m'apprendre à t'aimer sans condition ni limite, je n'ai pas su apprendre à vivre sans toi, je n'apprendrai pas à mourir à tes côtés. Malgré tout j'ai cette joie intime bien que fébrile d'un être qui se meurt, d'avoir eu cette opportunité de savoir que quelque part dans cet univers quelqu'un me correspondait, je ne m'en irai pas seul, la pensée de te savoir présente m'accompagne avec suffisamment d'amour pour te souhaiter tout ce tu mérites.. Egoïstement, j'aurai voulu, j'aurai tant voulu te dire de vive voix que je t'aime plus que ma propre vie.
mardi 3 avril 2018
Chapitre 691 - Je n'ai plus les mots
Vous n'êtes pas le livre, vous êtes le stylo.
Décembre 2004, j'ouvrai la pièce pour la première fois depuis trois ans. Les choses y étaient encore comme nous l'avions laissé, le livre que tu lisais était encore posé là sur la commode en face de la fenêtre qui donne sur le jardin, avec la chaise et ses oreillers que tu affectionnais tant en hiver durant tes lectures nocturnes. Il n'y avait pas ta tasse préférée, tu ne buvais pas de thé à cette époque là. Le livre sur la commode était déposé sur le rebord, un équilibre précaire qui montrait la trace de ton passage, tu avais sûrement dû partir en vitesse pour faire quelque chose... C'est vrai qu'une fois plongé dans ta lecture tu oubliais le monde qui t'entourait. Derrière cette chaise en bois qui s'exposait directement en face de la fenêtre il avait cette bibliothèque que tu as remplis personnellement petit à petit et avec toujours la même addiction, de livres qui t'avais plu, dont le titre évocateur t'avais donné envie de les lire ou bien simplement la photo de couverture avait attiré ton regard. C'est au détail que tu choisissais les livres, tu n'avais pas besoin de lire le résumé pour savoir qu'ils pouvaient te plaire. Simplement ils t'appelaient. Tu prenais beaucoup de plaisir à les parcourir pour savoir lequel allait être la proie à ton envie d'aventure, tu savais apprécier l'odeur des pages, la texture et la finesse de la première de couverture. Tu m'avais demandé de fixer des petites lampes pour permettre tes recherches même quand le soleil lui s'était couché. Elles sont encore présente aujourd'hui, avec beaucoup de poussière, l'ampoule elle ne fonctionne presque pas, un scintillement sur deux fait l'effet d'une étincelle qui n'aurait pas réussi à briller correctement. La pièce était comme en pause, elle s'était arrêtée à temps, une période donnée, celle de ton arrivée et finalement celle de ton départ.
De nous il ne reste plus aujourd'hui que ce que je garde en tête, profondément encrée dans ma mémoire de mes souvenirs radieux en ta compagnie, de ton rire qui traverse la pièce et de ton odeur qui se colle à moi. Tout ça au plus profond de ma tête, pour me rappeler que tu y vis encore. Que tu as quitté ce monde en oubliant de prendre tout l'amour que j'ai pour toi qui continue d'exister. Depuis j'ai laissé la porte de cette pièce ouverte, comme si tu allais revenir t'assoir sur cette chaise, t'enrouler dans un plaid et reprendre ta lecture, mais tu n'es plus. Qui, si ça n'est toi, finira ce livre.
jeudi 22 février 2018
Chapitre 690 - Je brûle
Six cent quatre-vingt-dixième tentatives.
" C'est impossible à partir d'un certain point
De revenir en arrière, à une ancienne vie,
à une ancienne façon de penser et ressentir."
Henry Rollins
Tu ne t'en rends pas encore compte, mais tu es en surchauffe, tu ne le vois pas distinctement et pourtant tu es marquée de toutes parts de brûlures. C'est tout ton corps qui brûle, qui se consume de cette flamme qui au plus profond de toi te somme, t'interdit de vivre et te ronge de l'audace que tu as de vouloir exister après tout ce que tu as fais. C'est elle qui au rythme des souffrances que tu endures te rappelle pourquoi tu ne mérites pas une vie paisible et douce, selon elle, il y a prix à payer pour ce que tu as fais, ou plutôt pour ce que tu as volé.
Les rêves d'autrui, les rêves d'un jour, ceux de toute une vie, tu as anéanti le droit à des personnes de ressentir un jour le vide se combler, tu as arraché tout les espoirs contenues en une vie sans te soucier de savoir si ces personnes pourraient alors manqué à quelqu'un. Et alors tu te souviens, tu te souviens qu'à toi aussi il te manque, qu'il te manque quelqu'un, ce quelqu'un qui à son tour ne pourra revenir condamner par quelqu'un d'autre, l'on t'as alors refusé ce droit de combler ce vide plus désastreux que symbolique.
Dans cette douleur, cette flamme t'enseigne le poids des mots, la dureté d'une absence, la souffrance d'une distance, c'est ton pêché, avec lequel tu n'as d'autre choix que d'accepter de vivre, et ses brûlures te consument jusqu'à une surchauffe totale de ce tu supportes sans le savoir consciemment. Car tu n'as pas connaissance de la notion du manque, de ce que la solitude peut résonner en toi. Un soir ces brûlures s'éveillent et te font prendre conscience de ce que tu as, de ce que tu es. Elles illuminent ton corps dans la douleur d'une nuit de solitude, tu brilles au travers de la noirceur de petit scintillements rouge vif à la manière de lucioles. Ta vision si claire devient pourtant si flou, ton coeur se resserre tu te sens comme suffocante, cette flamme t'arrache en permanence ce que tu voudrais recevoir. Dans ces larmes silencieuses de cette nuit illuminée de ta souffrance tu le comprends enfin, il ne reviendra jamais, tu te condamnes à apprendre la force des mots, pour dorénavant sauver les gens au nom de la personne que tu n'as pas pu sauvé. Elle qui voulait tant te voir vivre, t'entends dorénavant survivre.
mardi 6 février 2018
Chapitre 689 - Soit sérieuse espèce de salope
A l'amour de la fille de mes rêves je préfère le salaire de mes rêves. J'ai rien contre un beau fessier, un sourire ravageur, une odeur superbe qui se colle sur mes habits et davantage encore sur ma peau. Mais ça n'est pas l'amour qui me paiera le loyer, qui me permettra de vivre de lait-fraise et de cheeseburger. Je n'ai vraiment rien contre tout ça, je sais que c'est important pour certains qui adorent vivre au travers des autres à tel point que finissant seuls leurs vies n'a plus de sens... Si l'on est tenté bien évidemment de partir du postulat qu'elles pouvaient avoir un sens avant cette rencontre tragique. Tragique parce que c'est toujours un accident sentimental ce type de rencontre, peu importe l'angle sous lequel ta petite tête de singe prendra les circonstances de la rencontre la fin est prévisible "as fuck" comme disent les fils de putes. Un solide mur de trois mètres d'épaisseur et d'un douze mètrse de haut de façon à ce que, quand tes sentiments s'exploseront dessus une marque digne d'un picasso en ressorte.
C'est terrible ces fous qui vous disent que ça n'arrivera pas, chérie... Chérie je t'en prie, cesse d'être la pire des salopes aveugles. Ce n'est pas parce qu'aujourd'hui tu ne vois pas le mur que demain tu ne le prendras pas dans la gueule et ça n'est pas ta ceinture de sécurité qui te sauvera si tu me suis bien. Soit sérieuse, claque ta gerbe dans le lavabo, rince toi le visage et regarde cette sale gueule dans le miroir et accepte le deal, tu n'as pas le choix de toute façon et cette illusion de croire que tu décides c'est juste pour te donner un peu plus envie de croire en tes rêves et ta vie, parce que sans ça t'es rien d'autre qu'une ombre, une coquille vide, un caniveau dans lequel coule toute la tristesse de ta chienne d'existence.
Tu me trouves dur sale pute ? Attend de voir la taille de ce putain de mur, l'iceberg du titanic est un simple glaçon dans mon verre de lait-fraise face à ça, agite toi bouffonne, éveille toi mange merde t'échappera pas à ça, tu t'es prise pour qui pour croire que t'allais être l'exception qui confirme la règle ? C'est la règle qui confirme la règle, pas d'exception au principe. Le mur n'est pas là pour te faire un stop, il est là pour te rappeler ce que t'es, trop faible dans tes choix, trop faible dans tes prises de décision, trop faible pour correctement agir, réagir et raisonner en matière objective. Trop faible. Tu comprends ne serait-ce qu'un peu tout le vice qui se dégage de toi, tout ce faux confort dans lequel tu penses vivre ? T'es solide ? Toi t'es solide ? T'es superbement conne, tu fais le pari sur quelque chose d'éphémère en disant que ça durera et tu demandes à être crédible ? Pisse pas où tu manges.
Alors que ce joli paquet tu crois qu'il ira ailleurs ? Qu'un matin il se lèvera en te disant que tout ce qu'il a produit jusqu'à maintenant avec toi était une erreur ? Qu'il t'annoncera son infidélité, qu'il tentera de se justifier de sa faiblesse ? Bien sûr que non et tu sais pourquoi parce que c'est juste du fric, et ça fait ce qu'on lui demande, ça achète du bonheur matériel, des possibilités, des occasions, des projets. Et me fait pas tes gros yeux ronds de connasse, tu peux pas m'en vouloir d'accepter les règles de cette société, d'aimer la consommation. De jurer sur le matériel, ne te pense pas un instant meilleur que moi, ne te crois pas différente dans une situation similaire t'es exactement le même genre de personne, quitte à te foutre une overdose tant que tu paies ta dose.
Soit intelligente ne fait pas partie de ces sous-merdes qui pensent que rien ne s'évalue en argent, tout à un prix. L'amour a un prix que les gens sont prêt à payer quelle ingratitude envers la vie, quelle méchanceté envers l'humain.. On pourrait en parler des jours, on pourrait disserter dessus, tu souhaites qu'on en face plusieurs chapitres ? Tu penses que ça changera quelque chose deux lignes de plus dessus ? Ferme ta gueule.
Ferme véritablement ta gueule, accepte ça, devient pragmatique objectif, voit la valeur des choses dans ce qu'elles sont vraiment. Être pauvre mais entouré ? Tu m'dégoutes. Les interactions sociales ? Quelles pertes de temps, tais-toi et écoute de quoi les gens parlent autour de toi, j'ai aucune tolérance pour ces fils de putes, ils sont mort dans l'oeuf. Jean-Jacques Rousseau dans son immense intelligence que toi, petite trainée tu ne connais pas simplement parce que tu préfères les top topitos et les storys snap chat à l'enseignement d'un livre conséquent sur la nature humaine disait "L'Homme est un animal social" il avait raison. L'Homme est un animal. Un foutu animal et j'en suis le parfait exemple.
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