vendredi 8 juin 2018

Chapitre 696 - Il y a des instants qui contiennent des vies entières.





"L'important c'est pas d'être le plus gros connard, c'est d'être le plus performant."


Eté 98', on est sous deux parasols "lipton" jaunes dégarnis le soleil tape comme une salope à qui on aurait brisé le coeur alors qu'elle nous poignarde depuis le début.. Tsss.. pétasse de chaleur. Mon verre est quasi vide et se remplie de l'eau des glaçons, je souffle d'exaspération c'est dégueulasse. Mon ami de toujours lui, sur le transat à moitié troué a la belle vie, du moins il croit l'avoir, dégaine d'un goldboy des années 80' il s'étend et se relaxe comme si il était sous les cocotiers de n'importe quel foutu endroit du globe où l'on rêve de se retrouver un matin avec une femme qu'on ne mérite même pas d'imaginer dans nos plus grands rêves.

J'apprécie ce type, son franc parler, sa manière nonchalante d'aimer la vie, même quand elle le baise, surtout quand elle le baise à vrai dire. Je m'amuse à faire taper les glaçons entre eux dans mon verre. On se croirait dans une villa mais on fait juste dos à l'appartement dans lequel on est, le nord de la France n'est pas le paysage d'Honolulu, mais on s'adapte à ce genre de connerie.

Je repose mon verre et tente de me lever pour aller me chercher une autre bouteille fraîche; il s'étire :

" Tu te rappelles petit quand on rêvait de braquer le monde ?"
" C'est toujours d'actualité" lui ai-je répondu avec un sourire qui lui fit souffler du nez, il remonte ses lunettes et les yeux frappés par le soleil nordique français avec une esquisse bien provocante dont seul lui a le secret;
"T'es mal partie."

Je tourne le dos à notre contexte de vacancier chômeur, direction le frigo la bouteille d'eau n'attend que moi tout en lui répondant;

"Les grandes histoires ont des débuts médiocres."

"Tu parles toujours pour rien."

"Ca fait partie de mon charme."

"Non t'es dégueulasse."

Je marque une pause, front levé au ciel, main sur le menton façon penseur je ricane et le pointe du doigt;

"C'est juste un détail ça, mais un point pour toi."

Aujourd'hui je regrette de ne plus avoir à partager ce genre de chose avec quelqu'un, simplement parce que je ne suis peut être pas quelqu'un de suffisamment accompli, mais c'est pour ce genre de souvenir que je fais tout ça, que j'en sacrifie des tonnes, qui représentent pas beaucoup pour énormément de gens, mais c'est pour moi, mon monde que je fractionne petit à petit pour dessiner les contours d'un endroit dans lequel j'aimerai m'épanouir. Les contours sont si fin que j'en ai acquis la certitude que ce monde ne peut contenir qu'une seule personne. 



PS: Merci pour vos mails touchant, c'est un plaisir bien particulier que de savoir que certains ont l'étrange goût d'aimer lire ce que j'écris au petit matin.

jeudi 7 juin 2018

Chapitre 695 - Je crois que je déraille







Je pense à tord que l'on devrait tout dire, je fais très souvent machine arrière sur cet instant, comme un soldat qui pose le pied sur une mine en sachant l'entrave dans laquelle il se met par manque de prudence. On peut tout dire mais pas à tout le monde, tout le monde n'est pas suffisamment bon pour entendre ce qu'il y a, a dire. C'est terrible de devoir attendre que les personnes qui vous entoure, vous connaissent un minimum pour pouvoir vous ouvrir. Leur faire comprendre que ce que vous faites est incroyablement rare. Pardon ma chérie, mes phrases divaguent et se font renverser par une mer de doute, et rien n'a vraiment de sens pas vrai... Ce que je veux t'écrire, c'est tout d'abord que c'est la peur du manque de reconnaissance envers ce qu'ils font qui poussent les gens à ne pas s'ouvrir. Savoir que des paroles que l'on ne dit jamais ne vont pas résonner aux oreilles de quelqu'un comme quelque chose de rare selon ce que l'on est ne nous donne pas envie de parler. Regarde-moi par exemple, je hais parler de moi, pourtant penses-tu que quelqu'un m'écoute quand je fais l'effort de parler de moi sous prétexte qu'on me pose une question personnelle ? Le soucis c'est qu'on apprend aujourd'hui à rater l'essentiel. C'est une culture sociale, tout un art, de ne plus écouter celui qui nous parle, de ne pas faire attention à ce qui est, de simplement attendre son tour pour parler. À quoi ça sert de parler si personne n'écoute ?

Je pense à raison que l'on devrait choisir les moments où dire quelque chose de personnelle mais trop peu personnel pour qu'il soit distinctement souligné et suffisamment pour être entendu. C'est tristement beau, mais c'est l'absence de phrase qui crée l'importance. Ne pas dire à quelqu'un de cher qu'il nous est cher pendant une période suffisamment longue rend alors la prochaine déclaration beaucoup plus importante. On est plus sensible à l'absence qui provoque le manque, qu'à la présence qui donne la satisfaction. Autrement dit pour rendre la véritable valeur sur le moment que l'on aurait de s'ouvrir à une personne, serait de lui avoir fait comprendre depuis notre connaissance que nous sommes tout l'inverse de ce que l'on s'apprête à faire.

Les opposés attirent. Tout paraît si simple quand cela se fait tandis que les explications paraissent si ardues. C'est si beau cette illusion de facilité, cette flaque d'eau qui soudainement nous noie dans les profondeurs des plus grands tombeaux des navires.

J'ai fais le choix de ne plus rien dire et de faire semblant de m'ouvrir, parce qu'au fond j'ai peur de ne pas être pris au sérieux dans ce que je suis réellement, davantage encore qu'on ne comprenne pas l'importance que j'attache à ce que je déclare, les nuits de folies m'ont parues si longues que j'en refuse l'anarchie environnante. Tout me rassure quand je fais semblant, je sais intimement que je ne suis pas le seul à faire ça, car il a suffit d'une grande déception de la part d'autrui pour ne plus en vouloir.

Les gens tout comme nos sentiments sont temporaires, et tu sais mon ange, j'essaie de me dire la même chose à propos de mes peurs, est-ce que j'ai peur de ne pas être assez bien pour les autres parce que j'ai cessé de croire que j'étais bon pour moi-même ? Il y a des jours où je me donne raison, et des soirs comme celui-ci où je me donne tord. Je suis torturé, on l'est tous, à différent degré.


dimanche 3 juin 2018

Chapitre 694 - Blood










" On écrit pas quand on est heureux. ", c'est vrai, personne n'écrit quand il est heureux, peut-être parce qu'il est quasiment impossible de définir correctement par des mots le bonheur et la joie qui nous est procurés à instant précis de notre vie. Personne écrit quand il est flamboyant, la littérature des années après, des siècles même fait figure de lieu de tristesse. Elle est très certainement le moteur d'une inspiration mélancolique qui a permis l'écriture des fleurs du mal ou la monotonie désastreuse du dernier jour d'un condamné à mort. Je crois qu'on ne sait pas écrire correctement la joie, on ne sait qu'en profiter pleinement, nous ne sommes tout compte fait, dans un doute, pas adapter à écrire plus que l'on ressent. Un auteur, un écrivain, c'est avant tout quelqu'un qui cultive sa tristesse et pour les plus audacieux la nostalgie. Hugo disait que la mélancolie, c'est la joie d'être triste.

vendredi 1 juin 2018

Chapitre 693 - Celui qui connaît l'histoire



Il n'était pas le plus intelligent de tous, cependant il était malin. Il avait vite compris la nature humaine à force de voir des gens qui lui ressemblait. Il accumulait suffisamment d'expérience pour savoir ce qu'il en était de paroles et des actes des personnes qu'il pouvait croiser au cours de sa vie. Ainsi il fit une liste des choses qui lui paraissaient dangereuses, d'abord les promesses ensuite les émotions et finalement le passé. Il savait qu'il n'avait rien à tirer du passé, que celui-ci n'était qu'un avertissement pour que les autres instants ne se répètent pas. Pour les émotions il parvenait non sans mal à comprendre qu'elles n'avaient parfois pas d'autre sens que de faire souffrir. Le plus dur restait pour lui les promesses des gens qui étaient liées à leur nature, et donc à la sienne. Il se savait des leur et c'est pour ça qu'il ne pouvait pas se supporter, il se détestait d'être d'eux.

Il régla donc le plus gros problème de sa vie d'une manière simple, les gens peu importe qui ils étaient dans sa vie partaient toujours, c'était sans doute le trait le plus détestable qu'il pu connaître à ce jour d'eux, ils partent et partiront. Ils partiront toujours. Il en eu marre un beau matin ce gosse malin, il les a tout bonnement empêcher de s'installer, en faisant ça ils ne pouvaient pas venir pour repartir. Il les prenaient à sens unique et ne cherchait pas à en retirer autre chose, il refusait tout stop, toute pause au milieu de ça, un flux continu qui ne devait jamais s'arrêter sous prétexte de les voir partir encore et encore avec toujours la même idée qui devait rester fidèle que chaque personnes étant différentes ne se valaient pas. A force de cicatrice il connaissait la véritable règle : ce ne sont pas les mêmes personnes mais c'est le même genre de personne.

De malin il était devenu intelligent, si il ne pouvait pas empêcher les gens de partir, il les empêcherait alors de venir. Il vécu en se protégeant de la meilleure manière qui soit sans jamais être atteint par les personnes qu'il voyait, et dû accepter le revers de lame, de ne jamais atteindre qui que ce soit. Il vécu en se tenant à distance d'autrui désignant ainsi ses cicatrices comme son emblème, car celui qui connait l'histoire, ne la répète pas.



mardi 15 mai 2018

Chapitre 692 - L'être et le paraître




Inspiration par inspiration, petit à petit mes cellules se meurent dans le silence du cycle de la vie, je n'ai pas vu le quart de ce que le monde pouvait m'offrir, je n'ai pas pu entendre les milliard de voix parmi lesquelles se trouve peut être celle qui m'enivrait, tout les visages du monde sur lesquels peut être tu caches le plus beau sourire que je ne pourrai contempler. Je n'ai pas su me contenter de ce que j'ai fais mais plutôt de tout ce que je n'ai pas pu faire, de toutes ces occasions manquées. J'aurai dû, j'aurai dû tu sais, ne pas me laisser le choix, ne pas accepter de compromis sur les nouvelles expériences aussi inconnues soit-elles pour moi. Je n'ai pas su apprendre à briller par moi-même pour être un de ces êtres de lumières à qui tout réussi, je n'ai pas pu réussir à m'élever dans l'obscurité et ainsi trouver mon réconfort dans ma propre existence. J'aurai pu être ce que je voulais, voyageur, romancier, acteur ou encore ingénieur oeuvrant pour un monde meilleur, je n'ai pas pu améliorer le miens. Je n'ai pas su faire en sorte que mon monde devienne appréciable pour la première personne qui y vivait. Je me suis dégoûté chaque jour de mon existence, mon corps, mon âme si sombre parfois, si terrifiante.. J'estime avoir été plus proche du monstres dans certaines de mes actions que d'avoir la vanité de croire que j'arpentais le visage d'un humain. J'ai laissé mes sentiments me détruire, pire encore j'ai laissé mes sentiments détruire les gens que j'aimais, j'étais trop faible pour supporter les émotions si violentes et perfectibles que nous côtoyons sans cesse, je n'ai pas su cessé de m'émerveiller de la moindre chose, rester assis sur mes idées que j'utilisais alors plutôt comme un tremplin sur des hypothèses pour voir un monde plus beau, plus grand. Je n'ai pas su calmer la tempête de vie qui errait dans mon corps, je me suis résolu à ne pas savoir dompter mes émotions si vives qui me donnent ce semblant d'existence si cher, comme si je rimais à quelque chose, comme si je pouvais être le dernier mot d'une grande phrase dont on se souviendrait bien plus tard.

Je cherchais ce que je n'étais pas, en vérité, je cherchais tout ce qui était l'inverse de moi, tout ce qui pouvait me permettre de fuir ce que j'étais et qui n'était pas plaisant. Je n'étais pas de ceux à qui l'on pouvait faire confiance, j'échouais malgré les efforts et j'évitais la présence des autres me rappelant que ma place n'était pas auprès d'eux, de maintes fois j'ai voulu m'imposer de cesser de croire que c'était à moi de décider ce que je méritais, mais si moi-même je ne le fais pas qui le fera pour moi ? Qui mon amour me fera un baiser matinal en me caressant le visage pour me dire que tout ira bien, qui aurait eu le courage de me mentir un instant pour me faire aller mieux à cet instant ? J'aurai aimé, j'aurai foutrement aimé qu'on me dépose une couverture sur mes épaules quand je m'endormais pendant que je t'imaginais, que j'essayais de savoir à quoi correspondait la partie manquante de ma vie, celle qui comme un puzzle lui donne toute son ampleur, toute sa grandeur. C'est de ça que je manquais, de la grandeur. J'aspirai à m'élever sans aile, j'étais l'oiseau cloué au sol en attendant son aile et je ne t'ai jamais vu.. Peut-être aurais-je dû, peut-être aurais-je dû arpenter le sol tout en regardant le ciel ici et là avec l'idée belliqueuse que tu y serai un moment où un autre. J'aurai peut être dû te chercher davantage, là où je n'ai pas osé. Je n'ai pas su courageusement prendre mes sentiments comme une arme, revêtir mon coeur de toute cette émotion pour te chercher à travers les forêts, les océans, les villes et les bars de ce monde.

Voilà que j'achève ma vie sans savoir si un jour t'aies-je au moins une fois croisé? Dans un arrêt de métro ? Après une bousculade dans des escaliers, entre deux regards dans une bibliothèque ou peut-être au restaurant en entendant ton rire se joindre au mieux au moment opportun. J'ai peut être à l'inverse tellement chercher que j'en ai oublié de trouver. Pas un moment de ma vie je n'ai cessé de me demander ce que tu pouvais bien faire à l'instant précis où je pensais à toi, peut être sur un banc à boire ton café en lisant un livre, être au cinéma ou travailler avec acharnement, gémir dans les bras d'un autre. Je suis inconsolable de ne pas t'avoir trouvé, parce que je n'ai pas réussi à me saisir de toute mon identité, de tout mon monde que tu détiens, parce qu'en vérité c'est bien de ça que l'on parle. Si mon monde ne peut pas être le miens sans un détail, c'est que c'est ce détail qui est mon monde, et c'est ce que tu étais, la dernière note de musique qui résonne dans la salle, le dernier coup de pinceau sur une toile, le dernier rire que j'eu envie d'entendre. Je t'ai cherché dans tout les livres du monde, les paroles de chansons, les séries, les films, la vie, les parcs, les voitures, les Uber, les terminaux d'aéroport, les salles de bibliothèques, les Mcdonald's fermer à trois heures du matin, les boulangeries du dimanche, les brunch de l'après-midi, les bars au petit matin.. J'ai pu te sentir parfois, être là, avoir toi aussi visité cet endroit mais toutes les chansons de mon Ipod ne m'approchaient en rien de toi.

Je suis désolé, malgré tout ces rires qu'on m'a prodigué, parmi tout ces moments joyeux, ces jouissances intimes, ces pensées sordides, je n'ai pu.. Je n'ai pas su vivre sans toi, il m'aurait fallu quelques vies de recherches de plus, et des centaine d'autres d'acceptation pour me résoudre à accepter une vie sans toi. Je n'aurai jamais eu le courage dans ma vie, ni même la force de mettre le coup de pelle final pour enterrer toutes les espérances que j'avais d'un jour connaître ton visage, ça aurait été ma plus grande fierté dans cette vie. Je n'ai pas su te trouver pour apprendre à vivre à tes côtés, je ne te trouverai pas pour apprendre à mourir et pourtant ça n'empêche pas le fait qu'aujourd'hui oui, je commence à mourir, je me meurs. Je ne pourrais pas m'empêcher de penser à toi, toi qui m'aurait connu mieux que quiconque, m'aurait arpenter dans ma profondeur et ma plus grande violence, oh si tu savais à quel point j'aurai aimé un être qui puisse me contenir dans mes distances et mes excès, qui puisse panser mes plaies et qu'au-delà de toute cette noirceur ai envie de m'aimer. C'est toi que j'avais désigné profondément dans ma chair pour m'aimer et m'apprendre à t'aimer sans condition ni limite, je n'ai pas su apprendre à vivre sans toi, je n'apprendrai pas à mourir à tes côtés. Malgré tout j'ai cette joie intime bien que fébrile d'un être qui se meurt, d'avoir eu cette opportunité de savoir que quelque part dans cet univers quelqu'un me correspondait, je ne m'en irai pas seul, la pensée de te savoir présente m'accompagne avec suffisamment d'amour pour te souhaiter tout ce tu mérites.. Egoïstement, j'aurai voulu, j'aurai tant voulu te dire de vive voix que je t'aime plus que ma propre vie.


mardi 3 avril 2018

Chapitre 691 - Je n'ai plus les mots







Vous n'êtes pas le livre, vous êtes le stylo.

Décembre 2004, j'ouvrai la pièce pour la première fois depuis trois ans. Les choses y étaient encore comme nous l'avions laissé, le livre que tu lisais était encore posé là sur la commode en face de la fenêtre qui donne sur le jardin, avec la chaise et ses oreillers que tu affectionnais tant en hiver durant tes lectures nocturnes. Il n'y avait pas ta tasse préférée, tu ne buvais pas de thé à cette époque là. Le livre sur la commode était déposé sur le rebord, un équilibre précaire qui montrait la trace de ton passage, tu avais sûrement dû partir en vitesse pour faire quelque chose... C'est vrai qu'une fois plongé dans ta lecture tu oubliais le monde qui t'entourait. Derrière cette chaise en bois qui s'exposait directement en face de la fenêtre il avait cette bibliothèque que tu as remplis personnellement petit à petit et avec toujours la même addiction, de livres qui t'avais plu, dont le titre évocateur t'avais donné envie de les lire ou bien simplement la photo de couverture avait attiré ton regard. C'est au détail que tu choisissais les livres, tu n'avais pas besoin de lire le résumé pour savoir qu'ils pouvaient te plaire. Simplement ils t'appelaient. Tu prenais beaucoup de plaisir à les parcourir pour savoir lequel allait être la proie à ton envie d'aventure, tu savais apprécier l'odeur des pages, la texture et la finesse de la première de couverture. Tu m'avais demandé de fixer des petites lampes pour permettre tes recherches même quand le soleil lui s'était couché. Elles sont encore présente aujourd'hui, avec beaucoup de poussière, l'ampoule elle ne fonctionne presque pas, un scintillement sur deux fait l'effet d'une étincelle qui n'aurait pas réussi à briller correctement. La pièce était comme en pause, elle s'était arrêtée à temps, une période donnée, celle de ton arrivée et finalement celle de ton départ.


De nous il ne reste plus aujourd'hui que ce que je garde en tête, profondément encrée dans ma mémoire de mes souvenirs radieux en ta compagnie, de ton rire qui traverse la pièce et de ton odeur qui se colle à moi. Tout ça au plus profond de ma tête, pour me rappeler que tu y vis encore. Que tu as quitté ce monde en oubliant de prendre tout l'amour que j'ai pour toi qui continue d'exister. Depuis j'ai laissé la porte de cette pièce ouverte, comme si tu allais revenir t'assoir sur cette chaise, t'enrouler dans un plaid et reprendre ta lecture, mais tu n'es plus. Qui, si ça n'est toi, finira ce livre.





jeudi 22 février 2018

Chapitre 690 - Je brûle


Six cent quatre-vingt-dixième tentatives.


" C'est impossible à partir d'un certain point
De revenir en arrière, à une ancienne vie,
à une ancienne façon de penser et ressentir."

Henry Rollins





Tu ne t'en rends pas encore compte, mais tu es en surchauffe, tu ne le vois pas distinctement et pourtant tu es marquée de toutes parts de brûlures. C'est tout ton corps qui brûle, qui se consume de cette flamme qui au plus profond de toi te somme, t'interdit de vivre et te ronge de l'audace que tu as de vouloir exister après tout ce que tu as fais. C'est elle qui au rythme des souffrances que tu endures te rappelle pourquoi tu ne mérites pas une vie paisible et douce, selon elle, il y a prix à payer pour ce que tu as fais, ou plutôt pour ce que tu as volé.

Les rêves d'autrui, les rêves d'un jour, ceux de toute une vie, tu as anéanti le droit à des personnes de ressentir un jour le vide se combler, tu as arraché tout les espoirs contenues en une vie sans te soucier de savoir si ces personnes pourraient alors manqué à quelqu'un. Et alors tu te souviens, tu te souviens qu'à toi aussi il te manque, qu'il te manque quelqu'un, ce quelqu'un qui à son tour ne pourra revenir condamner par quelqu'un d'autre, l'on t'as alors refusé ce droit de combler ce vide plus désastreux que symbolique.

Dans cette douleur, cette flamme t'enseigne le poids des mots, la dureté d'une absence, la souffrance d'une distance, c'est ton pêché, avec lequel tu n'as d'autre choix que d'accepter de vivre, et ses brûlures te consument jusqu'à une surchauffe totale de ce tu supportes sans le savoir consciemment. Car tu n'as pas connaissance de la notion du manque, de ce que la solitude peut résonner en toi. Un soir ces brûlures s'éveillent et te font prendre conscience de ce que tu as, de ce que tu es. Elles illuminent ton corps dans la douleur d'une nuit de solitude, tu brilles au travers de la noirceur de petit scintillements rouge vif à la manière de lucioles. Ta vision si claire devient pourtant si flou, ton coeur se resserre tu te sens comme suffocante, cette flamme t'arrache en permanence ce que tu voudrais recevoir. Dans ces larmes silencieuses de cette nuit illuminée de ta souffrance tu le comprends enfin, il ne reviendra jamais, tu te condamnes à apprendre la force des mots, pour dorénavant sauver les gens au nom de la personne que tu n'as pas pu sauvé. Elle qui voulait tant te voir vivre, t'entends dorénavant survivre.



mardi 6 février 2018

Chapitre 689 - Soit sérieuse espèce de salope





A l'amour de la fille de mes rêves je préfère le salaire de mes rêves. J'ai rien contre un beau fessier, un sourire ravageur, une odeur superbe qui se colle sur mes habits et davantage encore sur ma peau. Mais ça n'est pas l'amour qui me paiera le loyer, qui me permettra de vivre de lait-fraise et de cheeseburger. Je n'ai vraiment rien contre tout ça, je sais que c'est important pour certains qui adorent vivre au travers des autres à tel point que finissant seuls leurs vies n'a plus de sens... Si l'on est tenté bien évidemment de partir du postulat qu'elles pouvaient avoir un sens avant cette rencontre tragique. Tragique parce que c'est toujours un accident sentimental ce type de rencontre, peu importe l'angle sous lequel ta petite tête de singe prendra les circonstances de la rencontre la fin est prévisible "as fuck" comme disent les fils de putes. Un solide mur de trois mètres d'épaisseur et d'un douze mètrse de haut de façon à ce que, quand tes sentiments s'exploseront dessus une marque digne d'un picasso en ressorte.

C'est terrible ces fous qui vous disent que ça n'arrivera pas, chérie... Chérie je t'en prie, cesse d'être la pire des salopes aveugles. Ce n'est pas parce qu'aujourd'hui tu ne vois pas le mur que demain tu ne le prendras pas dans la gueule et ça n'est pas ta ceinture de sécurité qui te sauvera si tu me suis bien. Soit sérieuse, claque ta gerbe dans le lavabo, rince toi le visage et regarde cette sale gueule dans le miroir et accepte le deal, tu n'as pas le choix de toute façon et cette illusion de croire que tu décides c'est juste pour te donner un peu plus envie de croire en tes rêves et ta vie, parce que sans ça t'es rien d'autre qu'une ombre, une coquille vide, un caniveau dans lequel coule toute la tristesse de ta chienne d'existence.

Tu me trouves dur sale pute ? Attend de voir la taille de ce putain de mur, l'iceberg du titanic est un simple glaçon dans mon verre de lait-fraise face à ça, agite toi bouffonne, éveille toi mange merde t'échappera pas à ça, tu t'es prise pour qui pour croire que t'allais être l'exception qui confirme la règle ? C'est la règle qui confirme la règle, pas d'exception au principe. Le mur n'est pas là pour te faire un stop, il est là pour te rappeler ce que t'es, trop faible dans tes choix, trop faible dans tes prises de décision, trop faible pour correctement agir, réagir et raisonner en matière objective. Trop faible. Tu comprends ne serait-ce qu'un peu tout le vice qui se dégage de toi, tout ce faux confort dans lequel tu penses vivre ? T'es solide ? Toi t'es solide ? T'es superbement conne, tu fais le pari sur quelque chose d'éphémère en disant que ça durera et tu demandes à être crédible ? Pisse pas où tu manges.

Alors que ce joli paquet tu crois qu'il ira ailleurs ? Qu'un matin il se lèvera en te disant que tout ce qu'il a produit jusqu'à maintenant avec toi était une erreur ? Qu'il t'annoncera son infidélité, qu'il tentera de se justifier de sa faiblesse ? Bien sûr que non et tu sais pourquoi parce que c'est juste du fric, et ça fait ce qu'on lui demande, ça achète du bonheur matériel, des possibilités, des occasions, des projets. Et me fait pas tes gros yeux ronds de connasse, tu peux pas m'en vouloir d'accepter les règles de cette société, d'aimer la consommation. De jurer sur le matériel, ne te pense pas un instant meilleur que moi, ne te crois pas différente dans une situation similaire t'es exactement le même genre de personne, quitte à te foutre une overdose tant que tu paies ta dose.

Soit intelligente ne fait pas partie de ces sous-merdes qui pensent que rien ne s'évalue en argent, tout à un prix. L'amour a un prix que les gens sont prêt à payer quelle ingratitude envers la vie, quelle méchanceté envers l'humain.. On pourrait en parler des jours, on pourrait disserter dessus, tu souhaites qu'on en face plusieurs chapitres ? Tu penses que ça changera quelque chose deux lignes de plus dessus ? Ferme ta gueule.

Ferme véritablement ta gueule, accepte ça, devient pragmatique objectif, voit la valeur des choses dans ce qu'elles sont vraiment. Être pauvre mais entouré ? Tu m'dégoutes. Les interactions sociales ? Quelles pertes de temps, tais-toi et écoute de quoi les gens parlent autour de toi, j'ai aucune tolérance pour ces fils de putes, ils sont mort dans l'oeuf. Jean-Jacques Rousseau dans son immense intelligence que toi, petite trainée tu ne connais pas simplement parce que tu préfères les top topitos et les storys snap chat à l'enseignement d'un livre conséquent sur la nature humaine disait "L'Homme est un animal social" il avait raison. L'Homme est un animal. Un foutu animal et j'en suis le parfait exemple.



dimanche 21 janvier 2018

Chapitre 688 - Nous sommes tous des astronautes








Nous sommes tous des astronautes. Nous n’allons pas dans d’autres galaxies ni à la découverte de planètes inconnues, nous ne pouvons pas faire la rencontre des étoiles dans l’espace mais nous sommes des astronautes à notre manière nous découvrons des gens qui nous présentent des mondes que n’aurions jamais soupçonnés l’existence. Des mondes qui se ressentent et non pas qui puissent se rendre perceptibles par le regard, un monde d’émotion, de tempérament changeant et parfois bouleversant.

Nous découvrons des gens qui brillent différemment de la lumière des lampadaires ou de celle du soleil mais qui rayonnement chaleureusement, nous voyageons à travers des espaces clôt et larges de l’esprit, des plaines de pensées aux montagnes ardues de l’ignorance qui nous masque une vue époustouflante de notre propre monde caché là, sous nos yeux généralement trop orientés au sol.

Nous sommes des explorateurs de l’infinie, d’un monde qui ne se voit qu’à travers les sentiments, les impressions quelquefois dévastatrices. Nous ne touchons ni du bout des doigts, ni de celui des lèvres mais nous l’embrassons de toute notre âme. Nous sommes tous des astronautes, en perpétuel voyage dans le monde des autres, dans leurs univers pour les entendre nous dire quelles sont leurs étoiles et comment le ciel se dessine.

Nous n’avons pas besoin de voir la grandeur ou de la comprendre. Nous sommes la grande dans son échelle toute particulière, un monde se cache et vit en nous. Nous sommes l’infini, nous l’avons toujours été, pas dans le temps mais dans sa plus belle profondeur.



vendredi 12 janvier 2018

Chapitre 687 - La haine c'est l'amour qui n'a pas pu être aimé.







Le pardon n’est pas une demande ou une acceptation de l’autre. A vrai dire c’est plus sournois que ça, c’est une décision donc une acceptation d’un effet non voulu ou non connu en temps. Le véritable problème du pardon est que dans l’imaginaire collectif on considère avoir obtenu le pardon d’autrui quand celui-ci nous le dit de vive voix. En est-il vraiment ainsi ? Le pardon ne se décide-t-il uniquement qu’à condition que le demande ?

N’est-ce pas là, la preuve d’un marché du sentiment, d’obtenir ce que l’on souhaite à condition tout d’abord de le demander. S’excuser fait-il voeu d’annulation des douleurs, tords, blessures causés ? Bien évidemment que non n’est-il pas ? Alors pourquoi le pardon permettrait une sorte de grâce au yeux de la conscience de celui qui la demande ? Le pardon est décidé avant même que l’on en fasse la demande par la personne victime de l’incompétence de son auteur. 

On ne pardonne pas en claquant des doigts, ça n’est pas un pile ou face, peu importe la beauté de la pièce. On idéalise le pardon, comme quelqu’un qui puise en lui la force de passer outre la douleur, ce qui est vrai que personne n’en dénature le propos, mais la décision du pardon ne se trouve pas en cela. C’est un acte plus petit et pourtant si révélateur de toute la force d’une âme.

Le pardon est dans l’action de retirer le couteau planté dans son dos, de ne pas l’utiliser pour blesser quelqu’un d’autre peu importe la manière dont l’on a pu être blessé. 

Le véritable pardon n’a que cette forme et aucune autre. Il est celui qui pardonne à l’autre la faiblesse et la haine. Il est l’acceptation de la douleur d’autrui dans sa propre chair. Le pardon existe uniquement dans ce geste, celui de prendre sa douleur et ne pas renvoyer celle-ci sur quelqu’un d’autre. Tout le reste, n’est simplement qu’un mauvais mensonge. L’acceptation de la haine et de la douleur de l’autre, c’est ce que le pardon est.