samedi 4 juin 2016

Chapitre 640 - Un arbre qui tombe fait plus de bruit qu'une forêt qui pousse.











On ne peut pas demander à quelqu'un de subir les mêmes souffrances, les mêmes choix compliqués qui laissent des traces et leur demander de prendre la même décision. Tout comme on ne peut pas en attendre des personnes qu'elles acceptent les mêmes choses, et les mêmes douleurs que nous. Certaines ont des facilités pour quelques-unes c'est vrai, mais la plupart ne les supportent pas. A l'inverse de ça, il y en a qui en sont totalement insensibles pour la bonne raison qu'ils ne voient pas les sacrifices et les choses que cela inclut. En effet, c'est horrible mais c'est tout à fait possible de subir une tempête face à quelqu'un qui ne la remarque même pas.



Tout le monde n'a pas les mêmes limites, ni les mêmes considérations. Il ne faut pas être étonné que certains puissent avoir un seuil de tolérance inférieur au nôtre, craquer au quart de la moitié de ce que l'on a accepté d'eux, dans l'autre cas il ne faut pas être étonné que certains ne considèrent pas nos problèmes comme de véritables problèmes, ils ont connu bien pire.



Le monde est un terrain où plusieurs tempêtes existent, et malheureusement pour nous, certaines ne sont pas faites pour être gagnées. Aujourd'hui je ne devais et ne pouvais simplement pas gagner. Aujourd'hui il faut apprendre. Et c'est dur, parce qu'aujourd'hui la leçon est lourde de sens. Les moments difficiles ont un sens caché, nous apprendre à grandir et je trouverai en celui-ci la raison d'être. Je trouverais en cette douleur la raison qui me pousse à avoir mal, et je ne donnerais ni carburant ni même un moyen de maintenir cette haine grandissante. A la haine j'ai préféré le mépris, pour la simple et bonne raison que le mépris est une haine raisonnée, sous contrôle, elle n'est pas folle, sauvage et imprévisible parce qu'elle n'est pas dictée par nos sentiments, simplement par notre esprit. La haine est une terre brûlée qui se répand à même sur nous avant d'envahir les autres, et j'ai trop donné pour ça, j'ai trop perdu pour ça, j'ai trop sacrifié pour ça. 



Ce qui est un poison pour les autres, l'est tout d'abord pour nous et on ne peut le comprendre qu'à force d'avoir trop misé dessus, de s'être toujours reposé sur les mauvaises choses. Il faut savoir ouvrir certaines portes, il faut savoir en laissé fermer. Mais jamais réduire ce que cette porte offre comme vue. Jamais, ne jamais plus de bien que de mal, ne jamais voir plus de mal que de bien, mais voir la chose totalement dans ses meilleurs moments, comme dans ses pires instants. Ne pas laisser un souvenir, un acte définir ce qui avait été, ce qui est mais surtout ce qui pourrait être.


Ne pas le faire sinon, on condamne le futur, et toutes opportunités qui pourraient en surgir, toutes les leçons que cela pourrait nous apprendre. Toutes ces choses que l'on pourrait découvrir si l'on ne la réduit pas une seule chose. Ne pas voir avec ces yeux, ne pas regarder que ce qui nous intéresse ou ce que l'on décide de voir, mais voir totalement, des plus irradiants souvenirs aux plus sombres d'entre eux, pour véritablement profiter de l'instant, du moment qui nous est offert.

Et vous, combien d'opportunité avez-vous gâché, combien de choses avez-vous réduites parce qu'elles ne correspondaient pas à ce que vous vouliez voir ? Combien d'opportunités ratées, combien en avez-vous laissé passer, combien sont elles passées devant vous, sans que vous daignez les apercevoir sous prétexte que vous étiez concentré sur une chose en particulier ?

Un moment ne définit pas une histoire, tout comme un acte ne définit pas une personne pour toujours, et c'est foutrement balèze de se dire ça encore plus de l'appliquer. Encore plus de l'appliquer quand vient votre moment d'être frappé d'une grande douleur ou d'un éclat de joie.

La haine rend aveugle, elle n'est bonne ni pour ceux qui la recueillent ni même pour celle qui l'envoie. Elle tue ce que les souvenirs peuvent être.






vendredi 3 juin 2016

Chapitre 639 - L'ampoule invisible









Il existe des personnes qui ne sont pas faites pour la lumière, et qui pourtant en produisent. Des personnes dans notre vie qui nous accompagne tous les jours, sans pourtant nous tenir la main. Ces personnes capables de voir autrement que par les yeux. De ressentir autrement qu'avec le coeur. Ces personnes qui silencieusement se font présente sans réclamer une parole, ou une attention. Ces rares personnes qui ne se comptent même pas. Ces personnes qui quand elles disparaissent sont des bombes silencieuses, dont la détonation est lourde de force et le message cinglant de brutalité.

Ces personnes capables de détruire un monde de leur seul départ, du simple vide qu'elles peuvent créer. Ces personnes à l'impact surhumain qui n'ont pourtant rien à part des mots, ces personnes dont les traces sur notre corps sont aussi encrées que les empreintes foulés par une chaussure sur la neige encore vierge, qui aura beau les recouvrir par la suite, l'empreinte restera. Des personnes qui sont des soleils pour les autres mais absolument pas pour eux. 

Des personnes presque hors du temps, parfois incomprises, étranges qui ne refoulent ni la solitude ni les sacrifices, ces personnes qui croient aux lendemains meilleurs, même vides de promesse. Ces personnes qui quand la douleur est à son paroxysme ne se démontent pas de vous dire que tout ira bien.

Ces personnes, qu'aucun de nous à part ceux qu'elles accompagnent ne peuvent voir leur lumière laissant alors l'unique chance à ceux-là. De voir un soleil qui ne brille pas, qui ne brille plus pour éclairer mais pour être. Ces personnes qui peuvent aussi bien détruire que crée des mondes. Ces personnes qui peuvent vous relever tout comme elles vous abaissent à la réalité et sa dureté. 

Ces personnes qui jamais on ne peut savoir quand elles vont finir par s'éteindre et partir, ces personnes qui peuvent accompagner quelqu'un sans qu'il ne soit jamais capable de voir la brillance de ce soleil. Ces ampoules qui ne s'allument que quand toutes les autres s'éteignent. Ces ampoules qui signalent votre monde à l'existence de l'univers. Une ampoule qui n'éclaire pas, mais qui vous fait briller de mille feux. Les ampoules invisibles. Qui viennent et disparaissent.







Chapitre 638 - La grande illusion






La grande illusion :  croire qu'il y a quelque chose alors qu'il ne se profile rien, finir persuader qu'il n'y a rien alors qu'en réalité il y a quelque chose, finir par être trompé par la réalité. La grande illusion.



Certains disent que nous n'aimons peut être qu'une fois dans toute une vie entière. Ce que je sais moi, c'est que nous ne vivons qu'une fois, il serait alors déraisonnable de ne pas faire les choses que nous voulons faire. De manière à s'en souvenir, gravé dans le fond de votre tête. Si les souvenirs vous brûle de plaisir et de douleur à la fois, avec le léger et pourtant imposant sentiment que le passé était meilleur que le présent, alors ne soyez pas triste. Ca veut dire que vous avez vécu quelque chose qui vous tiens à coeur, quelque chose que vous avez profondément aimé. Que cette chose s'est réalisée, dans votre vie, dans votre existence et que vous étiez présent à cet instant. Vous avez déjà les pierres qui permettront un jour de votre part de souffler un grand coup et de vous dire, que vous n'avez peut être pas eu la plus belle des vies, mais vous avez eu la votre. Et ça, dans un monde qui se trompe dans l'illusion sans cesse, dans les plaisirs instantanée, où les émotions s'enfuient rapidement et où les notions sont cessent mises à mal... Ca n'est pas rien.

Ca n'est pas rien de regarder les égarés, les déboussolés et de se dire que l'on sait ce qu'il en est. Ca n'est pas rien de regarder la vie jour après jour et de lui dire qu'elle ne nous dominera pas dans ses envies. 

Ca n'est pas rien d'exister. 



jeudi 2 juin 2016

Chapitre 637 - Au secours j'ai besoin de chaleur humaine je vous en prie.







La fidélité, vous en parler comme de quelque chose d'indispensable dans l'amour. La fidélité à une personne. La fidélité d'appartenir à une personne, d'exiger d'une personne qu'elle nous appartient, de limiter un domaine de son existence et de ses ressentis pour notre propre plaisir égoïste. Poser une limite à quelqu'un dans son existence, la tenir à des chaînes. Prévenir que c'est comme ça. L'amour impose des chaînes ? L'amour est une entrave à la liberté ? Qui êtes vous pour qu'une personne vous appartienne totalement ? Rien n'est jamais acquis ici. Vous réclamez la fidélité. Quand vous même vous n'êtes pas fidèle envers vous-même. Que vous ne faites parfois pas ce que vous aimeriez faire, que vous ne dites pas parfois ce que vous aimeriez dire. Que vous n'agissez pas comme vous auriez envie d'agir. Vous entravez vos propres principes et vous réclamez des autres cette base essentielle où vous même, sous l'envie d'un désir, d'une pulsion qui qu'importe son intensité vous obstruera l'esprit d'une pensée. Qu'est-ce que la fidélité pour vous ? L'attachement à une personne ? A une chose ? Est-ce matérielle ? Doit-on exiger d'une personne qu'elle nous appartienne pour véritablement connaître l'essence de l'amour ? La fidélité rime-t-elle alors avec l'exclusivité pour vous ? L'exclusivité d'un objet, d'un corps, d'un être, d'une existence ? Qui êtes vous pour croire que les gens peuvent être conquis par votre simple désir d'appartenance ?

De votre fidélité basée sur la peur de l'autre, de l'abandon, de la trahison de soi.. Qui veut, qui se réclame d'une fidélité malsaine, nauséabonde d'égoïsme et d'égocentrisme... Qui ne réclame qu'une chose, ne pas être seule. Ne pas avoir envie d'être trahie par quelqu'un qui aurait été faux avec nous alors que vous mêmes, vous êtes incapable de vous mettre à nu face à un miroir, de vous regardez une fois dans la glace. Les yeux dans les yeux. De lire votre propre âme. 

C'est de cette fidélité là que vous réclamez l'obligation. D'une fidélité de peur, attaché à la personne. La fidélité devrait être à l'amour, à l'attachement donner au sentiment, à l'émotion qui nous en parcours. La fidélité devrait être à l'amour. Que vous ne cessez de trahir. Combien de fois avez-vous osé dire que vous étiez amoureux ? Vous être imparfait, incapable de totalement ressentir l'amour dans son intégralité ? Vous qui êtes obligé de jongler de personne en personne pour vous satisfaire d'un morceau, d'une miette de ce sentiment.

Qu'est-ce que vous savez de l'amour, qu'est-ce que vous savez du vrai ? Qu'est-ce que vous savez de ce qu'est l'état d'être amoureux, quand à chaque nouvelle rencontre, à chaque nouvelle personne vous devenez amoureux. Vous vous basez sur le ressenti que cela vous fait comparer à la première fois pour vous décidez à vous dire que vous êtes amoureux ? 

Vous vous basez sur l'expérience d'un sentiment ancien pour vous distinguez et vous dire amoureux ? La copie du présent qui tente de rejoindre l'essence du passé ? Vous demandez la fidélité quand vous ne l'êtes vous même pas, à quoi bon courir auprès d'individu pour être amoureux une fois, deux fois, trois fois.. Des centaines de fois... Vous vous encouragez à croire qu'il y a plusieurs sorte d'amour, plusieurs sortes de filiations. Vous vous mettez à croire qu'avec chaque personne tout est différent. Et pourtant n'est-ce pas la même sensation que la première fois que vous tentez en vain de rattraper ?

Celle dont vous avez été incapable de correctement la ressentir, cette émotion qui contient en elle des centaines de millier de vies. Courir après l'échec lamentable de ce que nous sommes, des êtres imparfaits, incapable d'embrasser dans sa totalité le sentiment titanesque qui bouleverse l'humanité depuis son tout premier jour. Incapable d'accepter que cela est plus grand que nous, plus fort que nous. Incapable de l'accepter et de le comprendre... Il est alors plus simple de le réduire, de le limiter de vouloir dompter l'indomptable. 

Où est la fidélité quand vous revendiquez que nous n'aimons qu'une seule fois, mais que vous arriviez à tomber amoureux de plusieurs personnes tout en jurant qu'il n'existe qu'un seul véritable amour ? Où est la fidélité au milieu de ça, de cette apothéose d'excuses que vous seriez prêt à faire en proclamant que ça n'est pas le bon, que ça n'est pas celui-ci. Comment pouvez-vous le savoir ? Vous avez échoué la première fois. L'humanité est en échec face à l'amour, parce qu'elle tente de le dompté.

La fidélité. La fidélité n'est qu'une histoire de temps, vous n'êtes fidèle que parce que le sentiment vous lie à cela.. On parle de lien, alors que l'image de chaînes est plus spectaculaire. Vous êtes autant fidèle que la direction dans laquelle le vent souffle.

Je ne pourrais jamais être fidèle. Pas de ce que vous en voyez, de ce que vous en comprenez. Je ne comprends pas cette notion, et je la refuse. Je refuse cette notion dans laquelle vous vivez. Vous êtes incapable d'être fidèle envers vous-même, ne demander pas à quelqu'un d'être fidèle envers vous.

Vous appelez ça de la fidélité et pourtant elle a le goût de la peur. On ne jure pas fidélité envers quelqu'un, on le jure envers quelque chose. Vous me faites si peur avec votre fidélité... Et moi qui réclame toute ma vie de la loyauté..


mardi 31 mai 2016

Chapitre 636 - Lola



Deux frappuccino caramel venti plus tard..


Elle s'assis en face de moi, sur la chaise de libre, là où le soleil pouvait m'éclairé. L'air pressé elle déposa son sac, à peine assise me tenant ces quelques mots;

" - Alors c'est vrai ce que l'on raconte, tu changes vraiment les vies ? "

Curieux;

" - Tout dépend ce qu'on entend par changer. "

Elle m'abandonna un délicieux sourire, un de ceux qui glisse le long de la joue pour se perdre sur des lèvres.

" - Il parait que tu rends les choses meilleures. "

" - On fait paraître beaucoup de chose, mes excuses, je m'appelle.. "

Elle se redressa sur sa chaise comme pour me dire quelque chose qui tombait sous le sens, toujours avec ce même sourire ;

" - Je sais qui tu es, je connais ton nom. J'ai déjà entendue parlé de toi. Sinon où serait l’intérêt ? "

Un rire s'étouffa dans ma gorge.

" - On ne sait jamais, tu aurais pu être intéressée par m'offrir un frappuccino caramel parce que je suis assez mignon pour en mérité un ? "

Un silence ce fit ressentir, et elle éclata de rire.

" - Chaque chose en son temps, tu en est déjà à ton deuxième. "

" - Comment peux-tu le savoir ? "

" - Ce n'est pas la première fois que je te vois, ni même que je t'aperçois avec tes frappuccino. "

" - Eh bien, je ne pensais pas être si spécial que je pouvais en mérité un espionnage intensif de ma vie."

Elle ricane, et doucement ses lignes se tendent et son visage devient plus nerveux.

" - Ne te méprend pas sur ce que je suis ni même sur mes intentions. "

Posant le fond de mon frappuccino sur la table qui nous séparait, je lui répondis aussi sèchement ;

" - N'attend pas de moi que je me méprenne sur quelqu'un dont je ne connais ni son identité ni même la raison de sa venue en face de moi. Qui que tu sois tu passerais pour une folle de vouloir faire ça, et je doute que ce soit cela que tu veuilles faire reflété à l'instant même. "

Le tir fait mouche, elle baisse lentement ses yeux, mettant ses doigts entre ses mains, elle est stressée pas à cran mais tout de même, assez pour faire ressortir un rire qui a tout ce qu'il y a de plus nerveux, avant de redressé sa tête. 

" - Ne suis-je déjà pas assez folle pour venir à ta table, te poser une question qui ne me regarde surement pas, t'avouer que je t'ai déjà vu, à la limite d'un espionnage qui me ferait passer pour une psychopathe ? "

En aspirant quelques gorgées de mon frappuccino, j'acquissa.

"- Effectivement, où veux-tu en venir dans ce cas. "

La réaction précédente revint au galop, les yeux fixant le sol, la tête baissée, elle la releva soudainement. En passant sa main dans ses cheveux, se frottant le haut du crane. Mignonne et à la fois enfantine, j'eu un léger pincement au cœur quand elle rajouta à cette addition un léger sourire au bord de sa lèvre. Elle détourna sa tête sur la droite en continuant de sourire, comme pour ne pas assumer de voir mon regard ou ma réaction à la vue de sa prochaine phrase.

" - J'ai besoin de toi. "

Détournant le regard et prenant ma dernière gorgée ;

" - Pourquoi moi plus qu'un autre ? "

" - Car tu es le seul que j'ai aperçu dans ma vie me donnant l'impression d’être un mur infranchissable, impénétrable et sans faille. Tu donnes l'impression qu'un tremblement de terre pourrait surgir ou que le ciel tombe, qu'importe tu ne serais absolument pas atteint. Et puis on m'a fait comprendre que tu changeais les vies. "

Le regard palpable sur ses cheveux balayaient par le vent , dans un soupir j'eu renoncé à être moins clair.

" - Je détruit les vies avant d'en faire ce que je veux, ou ce que les gens m'en demandent. " Affichant un sourire narquois ne cachant pas mon exaspération.

Elle était sur le revers de la table, les pupilles alors dilatées, excitée ou alors consciente du danger elle attendait que je continue ma phrase, pensant que ce n'était pas une fin. Sur quoi, je surenchéri.

" - Qu'as-tu à me proposer ? "

" - Je dois te donner quelque chose pour que tu changes ma vie ? "

J'acquissa. 

" Que veux-tu ? "

Posant ma main sur la table et la regardant droit dans les yeux ;

" - Ecoute je ne suis pas là pour savoir ce que j'ai à tiré de toi. Comme tu l'as très bien dis, c'est toi qui a besoin de moi. Pas moi de toi. Alors tu devrais plutôt venir avec quelque chose à me donner en espérant que cela puisse m'intéressé ou attisé ma curiosité. Je n'ai pas de temps à perdre. Mais soyons clair tout les deux, ce que je veux, c'est que tu sois clair avec toi même, que tu ne t'avises pas de venir me parler en me proposant mille et une chose comme un brocanteur. J'ai autre chose à faire et je suis sur qu'une fille aussi pressée qui ne s'est pas présentée a , d'autant plus de temps pour s'inscrire à des cours de savoir vivre que d'osciller. "

Même réaction, tête baissée. Je crois que j'y suis allé fort . Sauf que cette fois elle ricane, posant son index sur ses lèvres comme pour cacher un bâillement alors qu'elle riait, j'ai trouvé ça doux, beau et élégant. La finesse de ses doigts m'a immédiatement plu, des flûtes, fines et douces.

" - On m'avait prévenu de toi, et de ta froideur, elle est effectivement légendaire. Ça n'est même pas de agressivité, c'est juste très violent. On ne m'a jamais parler comme ça ni même sur ce ton calme et glacial, on dirait que tout tombe de sens avec toi, la difficulté devient très simple en ta présence. C'est de ça que j'ai besoin, d’être plus forte. "

" - Surement, je ne sais pas quoi te dire, pas parce que je ne sais pas quoi répondre mais peut être qu'au final ça ne m'intéresse pas, je ne prend pas la peine de réfléchir sur ça. Ça n'est pas la première fois que l'on me dit ça. Avec le temps les critiques sont devenus mes compliments les plus prisés. "

Elle se fait plus calme, plus relaxée sur la chaise en face de moi, c'est une fille plus discrète qui soudainement se fait, elle se perd dans ses pensées devant moi, je lui ai donné matière à réfléchir très certainement, je ne sais pas et je me moque de quoi elle pense, nous pensons tous et ça n'est pas pour autant que cela est nécessairement important.

" - C'est la première fois que je fais ça. Je veux dire, m’asseoir devant quelqu'un qui ne me connait pas, et lui demander de l'aide. C'est même la première fois que je demande aussi clairement à quelqu'un de m'aider. Le fait d'avoir besoin de toi ne me déplait pas. Tu es assez plaisant, physiquement et intérieurement. Mais si j'avais pensé à le faire, j'aurai eu très peur. Je me serais demandée comment et par quel moyen le faire. Alors que le faire comme ça, soudainement est beaucoup plus simple, en réalité, je n'ai jamais fais ce genre de chose parce que je n'en ai pas le courage, mais même agir, ou faire des choses te concernant à l'air très simple. Je ne te connais pas assez pour le savoir, tu vas me prendre pour une folle mais même ça, tu le rends plus simple alors que.. Que je ne te parle que depuis une demie-heure. "

Le glaçon de ma boisson s'entrechoquaient entre eux, signe qu'il était vide. 

" - Et donc ? Je comprend mais ça ne fait pas pour autant tout le fondement de cette discussion. Vu que j'ai terminé ce que j'avais à faire, je vais m'en aller, te souhaiter une bonne journée et c'est tout. "

Je commence à me lever. Elle m'agrippe le bras; assez fort pour que je sente ses ongles sur ma peau.
Réplique immédiate ;

" - Etre plus belle que la moyenne acceptable ne fait pas de toi, quelqu'un qui peut se permettre ce que tu fais là. J'espère ne pas avoir à te demander de me lâcher pour que tu le fasses. "

Elle est troublée, elle rougit, ses pommettes deviennent pourpres. Je ricane.

" - J'ai besoin de toi. " Me réplique-t-elle.

" - Et donc ? Tu crois que me dire que tu as besoin de moi suffit pour que j'accepte ? "

" - Je pensais que .. Que.. "

" - Tu pensais que quoi ? On a pas toujours ce que l'on veut. "

Debout, je me met à faire un pas qu'elle s'écrie :

" - Je m'appelle Lola. "

Je ne lui fais qu'un signe de la main en guise d'au revoir sans même me retourner. 

" - Et je suis persuadée que tu es la seule personne qui peut me donner envie de véritablement vivre ma vie. "


Je m'arrête, instinctivement me retourne, je reviens vers elle.

" - Pourquoi moi plus qu'un autre ? Pourquoi c'est à moi que tu demandes ce que tu devrais être capable toi même de faire de ton existence ? Pourquoi tu te persuades que je suis la bonne personne. "

" - C'est.. Ton.. Ton regard, il brille. Il brille de vie. Tu es.. impressionnant de vie. Même là, en étant froid, distant.. Tu n'as pas idée de toutes les sensations que tu disperses autour de toi, j'ai l'impression que tu es peux être la colère et la joie en même temps. Tu es expressif, dans tout les sens du terme. Tu me donnes cette impression que tu es une palette de couleur. Et moi je ne connais aucune de ces couleurs ni même leurs noms, j'aimerais que tu m'apprennes. "

Elle marque un temps d'arrêt. Je me sens perturbé. Ce que je vois là c'est plus qu'une fille qui demande de l'aide, c'est une tentative de vie. Une tentative de vie dénuée de toutes idées malsaines ou d'intérêt personnel, simplement une tentative de vie. Quelqu'un qui tente de vivre, qui accepte de ne pas comprendre que la vie la dépasse, mais qui souhaite apprendre. De perturbé j'en deviens bouleversé.

" - Je ne veux pas vivre comme toi, je veux apprendre à découvrir par moi-même les visions, les points de vue différent que l'on peut avoir.. Je veux avoir mon propre avis, je veux voir le monde de la manière dont j'ai envie de le voir. "

" - Lola, il faut savoir voir le monde tel qu'il est, pas tel que tu veux le voir. "

" - Non ! C'est faux, il faut voir le monde tel qu'il pourrait être, pas comme il l'est aujourd'hui. Tu gâches son potentiel et tu le refuses au futur. "

Merde.. Dans le mille. Je préfère garder le silence.

" - L'inconnu me fait peur, il m'a toujours fait peur, mais.. Tu me donnes envie de le découvrir. "

Elle m'agace, elle ne se rend pas compte des sacrifices et des douleurs que ça fait d'accepter parfois la vérité peu plaisante, de passer de ses petits mensonges confortables à une vérité qui éclate a la figure dans le train, comme au levé du matin, au fond de son lit, devant un film ou bien seul dehors. Elle ne s'en rend décidément pas compte.

" - Souffrir, tu sais ce que ça veut vraiment dire ? "

" - Tu es ce genre de personne qui promulgue la souffrance comme la meilleure enseignante n'est-ce pas ? "

J'ai pas répondu, elle savait la réponse avant même de me poser la question. Elle s'imagine bien que je suis incapable de façonner l'idée d'un happy ending, je suis mauvais pour les fins heureuses et les faux sourire. J'ai honte des au revoir qui durent trop longtemps.

" - J'ai besoin de toi. "

" - En réalité tu as surtout besoin de toi. "

" - Et j'ai besoin de toi pour me faire prendre conscience à quel point je suis important pour moi-même. "

Je penche ma tête vers le haut, les deux mains sur mes hanches à la manière d'une mère agacée par les conneries de son fils, prête à le gronder.. Je soupire ;

" - Ca se vaut comme argument, mais pourquoi ne pas prendre un psy ? Ou un miroir que tu regarderais chaque matin ? "

" - Parce qu'ils n'auront pas le même effet sur moi. "

" - Qu'est-ce qu'on se moque de savoir l'effet que ça peut te faire l'important c'est le résultat. "

Nous étions toujours debout, à deux pas du café. Les gens passaient et le temps ne se rafraîchissait pas au contraire, le soleil commençait à me taper dans le dos, j'avais chaud et j'étais de moins en moins à l'aise, elle devenait de plus en plus honnête.
Elle détourne le regard sur une vitrine de prêt à porter féminin et chuchote quelque chose.

" - Comment dis-tu ?.."

Elle joue avec ces mains et baisse la tête.

" - J'ai juste envie d'allier l'utile à l'agréable . "

Je pouffe de rire c'est craquant.

" - Et tes cicatrices.. Elles me plaisent.. Elles sont belles, aussi éloquentes que ton regard. Sombre et à la fois lumineuse, torturées et libératrices. Je trouve que tu es un joli paradoxe, pas dans le mauvais sens, mais on y voit la profondeur comme dans un puit, sauf qu'ici il n'y a pas de fond. Je n'imagine pas que je te soignerai, j'aurais pas ce culot là. Mais je veux apprendre de tes blessures, de celles qui jamais ne se fermeront pour empêcher qu'il y en ai d'autre. Je veux comprendre pourquoi il y a des limites aux choses, pourquoi la folie n'est pas toujours la bonne chose, et pourquoi la solitude n'est pas une mauvaise chose. Je veux voir. Je veux comprendre ce qui fait de toi une si belle épave. "

Explosion nucléaire, j'ai pris une bombe au visage qui m'a sauté au coeur et qui m'a fait vibrer dans toute ma chair. Ne pas trembler, ne pas vaciller. C'était déjà trop tard, je ressentais toute l'émotion avec laquelle elle venait de m'envoyer ça. De l'oscillement d'honnêteté à l'envie démesurée. Mais je devais rester impassible, ne pas démontrer que ça m'atteignait. Ca n'est pas contre Lola, c'est juste qu'une forteresse est faite pour être défendue contre toutes choses qui porteraient atteinte à mon état d'esprit.. Et pourtant.. J'ai aimé ce qu'elle m'a dit. Pas pour me flatter, mais pour sa douceur, son envie innocente. Je jalouse quelque part cette innocence. 

Je me suis trahis j'ai fais un pas en arrière.

" - J'ai dis quelque chose de mal .. Je suis désolée, pardon ça ne me regarde pas. "

" - Ca va, je n'ai juste l'habitude. Mes cicatrices hein. "

" - Elles te vont très bien. "

J'ai juste souris, et j'ai commencé à partir en lui tournant le dos. Elle m'a légèrement gronder comme une enfant, les pieds qui se touchaient et le regard pas content.

" - Fais-moi vivre s'il te plaît. "

Je me tape le crâne, vraiment ce soleil..

" - Faisons en sorte de te faire exister d'abord. "

Elle me saute dans les bras. Je n'ai pas l'habitude non plus de ça mais elle sent bon, je ne referme évidemment pas mes bras sur elle.

" - Lola s'il te plaît. "





lundi 30 mai 2016

Chapitre 635 - La cigarette du condamné à mort




Tu es comme la dernière cigarette d'un condamné à mort m'a-t-on dit il y a peu. C'est un compliment d'une profondeur sans égale, ce genre de compliment qui n'apparaît que rarement, ce genre qui ne se compte que sur les doigts d'une seule main. Surtout les miennes. Je l'ai vu comme une dernière expiation. La dernière envie d'une personne qui va mourir, s'éteindre, disparaître. Et surtout comme une fumée, une odeur qui ne laisse pas de trace, ni de place. Comme une demande banale qui réclame à l'habitude son lot d'envie. Une simple demande pourtant importante, un attachement permanent jusque dans la fin. Mon monde s'est mis à vaciller à l'écoute de cette phrase. J'ai senti le sol sous mes pieds se détaché de moi, j'étais touché, en plein coeur. La force de ces mots et son sens m'avait percuté d'une façon phénoménale. Je n'en ai compris que ce que je voulais bien comprendre je pouvais tout autant être une envie, un besoin radical qu'un semble poison dont on ne se refuse rien. J'aimais, j'aime l'idée de la fumée qui ne se dévoile pas, il y a quelque chose dans la fumée qui est moins malsaine que l'illusion. C'est un beau compliment si toutefois c'est le cas, et quand bien même, trois masques ce sont brisés en même temps en l'entendant. Je suis la dernière cigarette d'un condamné à mort.



mercredi 9 mars 2016

Chapitre 634 - À la croisée des chemins.









Parfois il est préférable d'arrêter. Non pas parce que cela n'en vaut plus le coup, ni même parce que c'est une perte de temps, ou encore que l'intérêt à la chose ne mérite pas tant d'engagement. Parfois il faut arrêter, parce qu'il faut arrêter de souffrir. Arrêter de souffrir de quelque chose dont vous doutez du sens et de l'engagement que vous avez pris à son égard. Arrêter de subir des souffrances qui ne riment à rien et qui avec le temps vont vous détruire. Car c'est en ça que la souffrance gagne. Le temps. Elle gagne sur le temps, la véritable souffrance ne commence que quand le temps se prolonge. Elle vous consume comme la braise dévore les cendres encore brûlantes. La souffrance agit sur le temps, et proportionnellement au temps son intensité accroit. Parfois arrêter ça n'est pas être un lâche ni même abandonner, parfois arrêter c'est nous préféré nous à cette tempête qui menace de nous détruire. Arrêter c'est s'aimer assez pour ne pas se vouloir de mal. Arrêter c'est remettre en cause les choses pour lesquelles nous acceptons de souffrir. Nous nous devons d'accepter la souffrance mais pas à n'importe quel prix; ni pour n'importe quoi. Parfois arrêter, c'est ce qui nous permet de continuer. Continuer à être, à devoir, à vouloir, à vivre. A être ce que nous sommes, à nous laisser une chance de nous épanouir, et d'être ce que l'on est vraiment sans devoir se réduire à attendre.




dimanche 6 mars 2016

Chapitre 633 - L'infirmière







Tout ira toujours bien pour vous. Pas par chance, ou par aléa du hasard. Aucune de ces choses n'ont avoir avec ce que vous êtes. Mais parce que vous avez compris que vous pourriez à un moment de votre vie être votre propre soleil, ne pas attendre que les nuages disparaissent pour briller. Vous êtes monsieur quelqu'un de rassurant. Je me sens déstabilisée de vous dire ça, car en tant d'années de métier vous êtes le premier à me donner cette impression. Une impression de chaleur, de pause, de calme et pourtant d'une vie excitante. Au début j'ai cru à du courage, puis à de la folie, vous êtes passionné n'est-ce pas ? Une personne passionnée par ce qu'elle vit et fait. Je vous envie, j'aimerai avoir des patients comme vous plus souvent, j'aimerai beaucoup vous savez. Une envie de vivre communicative. Vous êtes étrange. Très étrange. Les gens qui vous entoure doivent constamment vous le dire j'imagine. Ils ont de la chance. J'aimerais apprendre à vous connaître au quotidien, ne serait-ce que pour comprendre. J'imagine que vu vos antécédents vous le savez, mais dans ce service les gens perdent espoir rapidement et se laisse à devenir des.. Je ne sais pas comment je pourrais le dire sans choquer, mais c'est mon expérience qui parle.. Des corps inanimés, sans jeu de mot, au-delà de la mort. Vous êtes un beau jeune homme, votre sourire est beau, et votre rire est original. Je suis infirmière, je soigne normalement les patients que l'on me donne, mais aujourd'hui je tenais à ce que vous le sachiez, votre présence, votre façon de parler, l'éloquence déstabilisante et la voix suave que vous avez me soigne de mes problèmes personnelles. Je ne sais pas ce qui me permet de vous dire ça. Normalement je n'en ai pas l'habitude mais vous êtes.. Tout ira bien pour vous monsieur, et pour moi aussi dorénavant que je vois ceux pourquoi j'ai choisi ce métier. Tout ira bien vous faites peur à la peur.




vendredi 4 mars 2016

Chapitre 632 - Haha









On était peut être même pas fait pour être ensemble. Peut être qu'on allait pas du tout ensemble. Mais on s'en moquait à l'époque je crois bien. Nous n'avions comme but que de tromper l'ennui. De tromper la vie. La solitude, de se croire moins seul. D'imaginer que deux coeurs froids valaient mieux qu'un coeur froid, que nous pouvions nous réchauffer par la chaleur humaine de l'autre. Nous avons voulu tromper le temps. Nous voulions mentir aux autres mais surtout à nous-même de notre façon si particulière qui nous a forcer à nous aimer. Nous nous sommes aimer chacun dans notre coin, pas ensemble. Nous flirtions avec une idée non avec un couple. On voulait tellement sortir de nos problèmes sans se livrer à l'autre que l'on a fini par se donner à l'inconnu. Et plus vide encore nous avons alimenté la solitude, nous avons renforcer notre froideur. Nous étions comme la neige, beaux mais froids. Nous avons voulu tromper le monde, et c'est le monde qui s'est moqué de nous. Nos divertissements sont devenus nos habitudes et nos habitudes nos erreurs. Nous en commettions en pensant que l'autre ne s'en apercevais pas. Nous ne prenions pas l'autre en compte, simplement les réactions que nous pensions qu'il aurait. Je n'ai pas essayé de te comprendre, car aujourd'hui je sais que de tout ça, il n'y avait rien à comprendre. Nous n'avions rien de profond à partager. Peut être des baisers, des nuits torrides dont les draps gardent des odeurs mais rien de plus. Nous n'avons eu comme effet qu'un regard dans une allée, qu'un rire dans un bar, qu'une fumée dans la nuit de l'hiver qui aussitôt disparaît à peine arrivée à naissance. Nous avons partagé notre blizzard. Notre désert respectif sans jamais se rencontrer. Sans même parler véritablement à l'autre. Nous nous sommes aimer chacun à notre tour. Ailleurs et autrement. Hier et différemment. Nous voulions tromper l'ennui. La solitude. Nous le voulions. Si fort que nous nous en sommes ignorer.






lundi 22 février 2016

Chapitre 631 - Bazar





J'avais du retard, vous appelez ça de l'absence, moi de la carence. J'avais des papiers à trier. Une vie à ranger. Vous m'en voulez ? Je m'en veux davantage. Mais il y a des problèmes qu'on ne repoussent pas. Des choses à faire qui n'attendent pas demain. J'aurai presque envie de dire que ça m'a manqué, mais je mentirai. Mentir on le fait tous pas vrai ? Je revois dans mes paperasses tout les mensonges que j'ai bien pu écrire, penser. Que je croyais à l'époque vrai. On se satisfait de ce que l'on voit avant de se satisfaire de ce que l'on pense ? Je ne sais pas la question a grandi en moi quand je me suis souvenu de ce que j'ai vécu, de toutes les choses que j'ai faite et pas oser. J'y repense comme une vieille pourrait vous parler de sa vie d'avant guerre. Toute cette période où j'ai ouvert des portes et fermer d'autres. Je mentirai une nouvelle fois si j'osais dire que je ne suis pas triste de certaines choses ou même que je n'aurai pas souhaité à un instant pouvoir interféré avec mes choix. Mais je suis satisfait de ce sourire d'idiot que j'affiche quand je repense à mes souvenirs encore frais d'il y a quatre ans. Le temps passent mais pas nous parait-il. Si l'avenir m'abandonne, le passé lui me sauvera. J'ai envie de m'envoler pour Budapest, de commander un lait fraise en terrasse dans café, de vous dire que votre vie doit être un vacarme et de ne pas être comme ces débiles qui rêvent de l'Australie. J'ai envie de paraître pour un fou anti conformiste qui s'attèle à détester quelque chose qui l'aime secrètement. On rêve nos vies à travers tumblr et des idées. Les miennes de préférence. Depuis six cent trente chapitres. Je vous aime, vous non plus. Qui lira ça ?